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Dépression : accepter le point de départ

Dépression : accepter le point de départ

Ça fait une couple de fois que je m’assois à mon ordi pour écrire ce texte et que je n’y arrive tout simplement pas. J’ai plus ou moins toujours pondu mes textes d’un trait. Une idée, un élan, un texte. Mais malgré mon envie d’écrire et d’extérioriser ce que je ressens, j’ai été prise dans une paralysie d’action. Je commence, je me perds, ça sort tout croche, j’abandonne.

Au printemps dernier, j’ai commencé à réaliser que plusieurs activités que j’adorais devenaient de plus en plus difficiles à accomplir. J’avais de moins en moins d’énergie. Quand je m’allongeais pour une sieste, je me disais que ce serait dont merveilleux de juste dormir le reste de ma vie. J’ai commencé à me sentir coupable de devenir si fainéante. Mon autocritique a atteint un niveau inégalé et je voyais bien que j’étais à la hauteur d’absolument rien que j’entreprenais.

J’ai crashé cet été. Un voyage en famille en bord de mer, prévu comme étant relax et ressourçant, m’a complètement achevée. Je suis revenue brisée. Je pleurais constamment et je n’avais plus le goût de rien faire. Plus que ça, même si j’avais eu l’envie de faire quelque chose, j’en étais tout simplement incapable. Je voulais tout cesser, m’isoler dans mon coin, et disparaître. Rien n’avait de valeur. Et j’en n’avais certainement pas.

J’ai commencé à penser que je gaspillais le précieux oxygène de la planète et que l’univers serait mieux sans moi. Les pensées de mort rôdaient et le suicide devenait une option envisageable, même si j’avais peur du passage à l’acte. Ce n’était pas ma première rencontre avec le désespoir. On est des vieux amis d’enfance.

C’était la première fois par contre que c’était aussi violent et dévastateur. J’étais paralysée dans ma souffrance.

En désespoir de cause, j’ai rencontré une psychologue. Cet après-midi-là, je rencontrais aussi une médecin de famille qui avait été assignée à ma famille. Le diagnostic a dû apparaître en quelques instants pour ces spécialistes. Mon déni était si grand que même si la psy me parlait de dépression sévère, je ne l’ai pas crue et j’ai commencé à nommer toutes sortes d’autres choses qui pourraient être en cause.

Quand finalement, questionnaire et évidence à l’appui, le diagnostic est tombé, je suis restée figée. Physiquement du moins. La vérité, c’est que quand on m’a annoncé que je vivais un épisode de dépression sévère, avec sans doute un trouble récurrent de dépression, j’ai ressenti le plus grand soulagement de toute ma vie. J’ai senti un sourire monter en moi.

J’ai entrepris une psychothérapie et j’ai choisi de prendre des antidépresseurs. Combo de choix pour ceux qui sont rendus où j’en étais.

J’ai décidé que si j’allais être malade, j’allais l’être pour vrai. Pas en signe de défaite, plutôt en acceptation du point de départ.

Ça été long avant de me sortir la tête de l’eau. Un antidépresseur, c’est pas miraculeux. Une thérapie, ça prend du temps. Même si je suivais un programme de réactivation de ma vie, qui comprenait des activités plaisantes comme enseigner le yoga, rien ne me tentait, tout était un effort grandiose qui me coûtait cher en énergie. Une soirée d’enseignement me demandait une journée de repos complète. Avec le temps, mon désespoir s’est estompé, j’ai accepté ma réalité et j’ai surtout choisi de rester dedans. Ma vie a été teintée par la dépression et si je suis encore prise dans ses filets, c’est parce que c’est pas réglé. Je ne l’avais jamais vraiment réglé apparemment. Cette fois-ci par contre, j’accueille le duel.

J’ai pas encore complètement émerger. Ça continue d’être une aventure. J’y arrive par contre. Je commence à pouvoir en parler sans m’effondrer. Je réalise que la souffrance fait partie intégrale de notre humanité spirituelle et que d’y faire face est le plus grand cadeau que je puisse m’offrir. Je ne travaille plus vraiment, je n’enseigne que deux cours semaine pour me permettre des petits plaisirs et ma thérapie.

Je m’active avec des activités qui enrichissent mon quotidien. Ma pratique de yoga est devenue plus vraie, plus guérissante, plus stable. Je médite et je lis beaucoup sur la pleine conscience, la spiritualité. J’ai commencé l’aquarelle. J’adore le rose, ça me fait un bien fou de voir cette couleur danser sous mes yeux quand je transpose mes idées. (Vous trouverez quelques exemples de mes débuts qui ponctuent l’article.) Je profite du temps en famille pour m’amuser et je laisse de côté le perfectionnisme maladif.

Je vis moment par moment et j’intègre le processus à mon rythme, en sachant que je veux régler et guérir de la dépression, idéalement une bonne fois pour toutes.

Et tiens, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai pondu un texte d’un trait.

La Semaine nationale de la prévention du suicide aura lieu de 4 au 10 février. Le suicide est un acte irrémédiable qui témoigne de l’immense souffrance que porte un individu.

Si vous pensez souffrir de dépression ou si vous éprouvez de grandes difficultés teintées de désespoir (ou soupçonner autrui d’en souffrir), agissez maintenant en allant chercher de l’aide. 

Voici un lien vers le Portail santé mieux-être du Québec afin d’en apprendre plus sur la dépression ainsi que les nombreuses options de soins disponibles. Si vous êtes en situation de détresse, appelez sans frais le 1 866 APPELLE (277-3553) afin de bénéficier d’un soutien immédiat.

Même si elle semble insurmontable quand on est dedans, la dépression peut être guérie. Ne restez pas seul dans votre souffrance. Courage.

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