Ma maman wild

Ma maman wild
La maman «Wild» de Mitsou

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Elle ne me le pardonnera sûrement jamais. Je dois vous raconter… Pour souligner la fête des Mères, je voulais faire un FB live avec la mienne. Juste pour que les gens puissent lui jaser, parce qu’elle est trop fine et cute (et sage, même si elle aime jouer des tours). Au téléphone, je sentais de la résistance : « Ouf… Y tiens-tu vraiment? » Il me semble que je ne suis pas bonne là-dedans… Puis le chat est sorti du sac. « Tu sais Mitsou, je suis une maman un peu différente, un peu wild, et je ne voudrais pas dire quelque chose de trop bizarre… » Ben maman, c’est ça qu’on aime de toi!

Ma mère, elle est originale. Elle est la poster girl des avant-gardistes. Plus jeune, je ne le savais pas, parce qu’elle était MA normalité à moi. Mais mettons que j’étais habillée avec un poncho multicolore et des petites lunettes, style John Lennon pour ma première journée à l’école primaire. J’avais un sandwich au pain brun, beurre de peanut naturel croquant et laitue dans mon sac à lunch, pis quand j’ai dit mon nom, Mitsou, pour la première fois aux autres enfants, ils ont ri de moi en titi! Plus tard, mes amis capotaient parce que comme j’ai été élevée dans le girl power bien avant les Spice Girls, j’étais la seule fille qui avait le droit d’écrire avec du gros crayon-feutre en format géant le nom des bands punks sur les murs de ma chambre.

Yuki a aussi accepté l’occasion qu’a eu sa seconde fille Noémie, à neuf ans, de partir en tournée comme acrobate avec le Cirque du Soleil pendant quatre grosses années de liberté… et d’école dans une roulotte! Même si ça brisait son cœur de maman, elle savait que cela serait parmi les plus belles années de sa vie et Noémie le confirme aujourd’hui. Dans les années 90, notre maison a aussi été le repère de tous les skaters et les graffiteurs de la ville, amis de ma plus jeune sœur Abeille. Yuki écoutait leurs histoires, dansait sur du hip-hop dans la cuisine, après leur avoir offert une tasse de thé, qu’elle revirait de bord aussitôt qu’ils l’avaient fini pour lire leur « avenir » juste pour faire tripper ces kids en quête de sensations fortes. Sa communauté, elle l’a créée autour d’elle bien avant que les réseaux sociaux existent. L’amour, le partage, le non-jugement, elle connaît.

Dernièrement, sa communauté a fondu dans la zone chaude du confinement. En tant que fille-bulle, je lui ai rendu visite dans son appartement. J’y ai vu des merveilles. Elle venait de fêter son anniversaire et avait reçu des fleurs et des petits cadeaux de certains de ses étudiants à qui elle avait enseigné à l’époque où elle dirigeait la première école de shiatsu au Québec. Plus de trente ans plus tard, ils la remercient encore d’avoir transformé leur vie. Ce fut une révélation d’apprendre que ces gens pensent toujours à elle en 2021 et j’étais gonflée de fierté. Encore une fois, j’avais la preuve qu’elle a non seulement créé et changé les vies de ses propres filles, des amis punks et des skaters qui squattaient la maison familiale, mais elle avait aussi influencé plein d’autres humains sur son chemin. Des étudiants, des collègues, des patients…

En cette fête des Mères particulière, j’ai l’impression que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à nos mamans est de reconnaître ce qu’elles ont donné comme énergie pour nous couver, nous nourrir, puis nous faire voler de nos propres ailes, mais aussi ce qu’elles ont fait comme merveille à l’extérieur du nid familial. Ce week-end, si vous avez la chance d’avoir encore votre maman, prenez le temps de la remercier, mais aussi d’applaudir la femme entière qu’elle est. Et si vous en avez la chance aussi, faites comme ces étudiants l’ont fait avec Yuki, remerciez une maman qui n’est peut-être pas la vôtre, mais qui a fait que votre vie est encore meilleure. Ça en prend plusieurs, des mères sages — et une couple de wild — pour élever un enfant…

Jamais trop tôt weekend
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